La rue Albert Libiez
Dans le passé, la rue se trouvait entièrement sur la commune de Pâturages.
Par la suite, un groupe de maisons a été transféré vers la commune d’Eugies (Frameries).
Aujourd’hui, la partie nord (côté impair) reste sur Pâturages jusqu’au numéro 83 (vers la rue du Tanneur), tandis que la partie sud (côté pair) se trouve sur la commune voisine.
La rue croise la rue Mitoyenne (Eugies), la rue de Colfontaine (Eugies), la rue Garcia Lorca et l’avenue Fénelon, pour se terminer à la rue Belle Maison.
Elle fait environ 300 mètres et figure à l’atlas des chemins vicinaux de 1846 sous le numéro 58, avec la mention « rue Pierre Galèze » (le G étant difficilement lisible).
Elle a également porté le nom de rue Fénelon, d’après les plans primitifs d’environ 1834.
C’est dans la rue Albert Libiez que le tram faisait son entrée dans la commune, avec la ligne numéro 2.
Albert Libiez (1877-1943) : juge de paix, résistant et gardien du folklore borain
Né à Wihéries en 1877, Albert Libiez passe l’essentiel de sa vie à Pâturages, dans ce qui est aujourd’hui la commune de Colfontaine.
Avocat de formation, il devient juge de paix à Pâturages, mais c’est bien au-delà de sa fonction que cet homme remarquable laisse une empreinte durable dans la région.
Un homme de culture et de folklore
Beau-fils du médecin et écrivain Valentin Van Hassel, Albert Libiez hérite d’une passion profonde pour la culture populaire du Borinage.
Après trente ans de recherches sur le terrain, il entame en 1939 la publication de son œuvre maîtresse : les Chansons populaires de l’ancien Hainaut, un recueil monumental en plusieurs volumes dans lequel il rassemble avec rigueur les chants traditionnels du Hainaut, notés tels qu’ils étaient chantés, avec leurs particularités musicales et dialectales.
Son ouvrage L’originalité des chansons d’âlion, consacré aux fêtes populaires du renouveau printanier dans le Borinage, paraît quant à lui en 1951, à titre posthume.
Albert Libiez est également président de la Société boraine de littérature wallonne, de la Royale Union Chorale de Pâturages, et premier Président d’Honneur des Amis de Colfontaine.
Il dirige aussi la revue Estudiantina.
Un résistant des deux guerres mondiales
La vie d’Albert Libiez est aussi celle d’un homme de conviction, prêt à risquer sa liberté — et sa vie — pour défendre ses idéaux.
Dès la Première Guerre mondiale, après la bataille de Mons en 1914, de nombreux soldats anglais blessés sont soignés dans les ambulances de Wasmes, Pâturages et Wihéries.
Albert Libiez s’implique aux côtés d’Edith Cavell et du docteur Valentin Van Hassel pour organiser un réseau d’évasion permettant à ces soldats de rejoindre les lignes alliées.
En 1915, il est arrêté et les Allemands le condamnent à quinze ans de travaux forcés.
L’Armistice de 1918 le sauve avant d’avoir purgé l’intégralité de sa peine.
La Seconde Guerre mondiale le retrouve animé du même courage.
Sous le pseudonyme de Un Légionnaire, il fonde et dirige le journal clandestin La Liberté, contribue à la formation d’un front national de résistance et participe activement aux activités du service de renseignements Zéro.
Le 25 juin 1942, dénoncé en raison de son appartenance au groupe Cavell, il est arrêté une seconde fois par les Allemands et déporté.
Albert Libiez meurt au camp d’Esterwegen, en Allemagne, le 9 août 1943, à l’âge de 66 ans.
Une mémoire vivante à Colfontaine
Sa contribution à la culture et à la résistance boraine est telle qu’une rue de Pâturages et une promenade dans le bois de Colfontaine portent aujourd’hui son nom — lui qui fut toute sa vie un grand défenseur de cette forêt.
Les plans du quartier
Les plans cadastraux primitifs peuvent être consultés en haute définition sur le site internet des Archives de l’Etat (www.arch.be).
Les plans Popp peuvent être consultés sur le site internet KBR (www.kbr.be), pour comprendre les plans, voici quelques tutoriels : Les plans Popp >>>